Les bancs de poissons offrent un exemple fascinant de comportement collectif dans lequel le groupe se coordonne sans avoir besoin de leader. Mais quel est le rôle joué par le fluide et l'écoulement dans cette coordination ? C'est pour répondre à cette question qu'un groupe de chercheurs du CNRS (dont le LPT ), de Centrale Marseille, d'Aix-Marseille Université, de Loughborough University (UK), et de University of Southern California (USA), a mis au point un modèle original permettant de simuler les interactions hydrodynamiques et sociales entre des centaines de poissons. Dans ce modèle, chaque poisson change sa trajectoire en fonction de la position et de l'orientation de ses voisins selon des règles cognitives réalistes déjà connues et étudiées aux CRCA et LPT , mais cette trajectoire est aussi modifiée par l'écoulement que génèrent les autres poissons. Ce modèle a permis de mettre en évidence un effet surprenant de l'interaction entre les poissons et le fluide : les poissons dépensent moins d'énergie lorsqu'ils nagent en banc, car ils bénéficient, en moyenne, d'une sorte d'effet « d'aspiration » de leurs voisins. L'interaction avec le fluide induit également une nouvel état du banc dans lequel les poissons nagent dans la même direction, produisant collectivement une trajectoire incurvée à grande échelle.